Je suis actuellement étudiant en physique à l’EPFL, et je m’apprête à commencer un doctorat en Angleterre. Plus jeune, savoir dans quelle direction aller était pour moi très difficile. Une chose, pourtant, est toujours restée présente : un regard curieux sur le monde qui m’entourait. Les sciences m’attiraient, sans savoir exactement quelle place elles prendraient dans ma vie. J’ai été confronté à plusieurs échecs, qui ont été difficiles, mais profondément formateurs. L’EPFL m’a longtemps intimidé, et ma décision d’étudier la physique s’est prise au dernier moment. Ces études ont été exigeantes et m’ont demandé beaucoup de sacrifices. Il y a eu des moments de doute, parfois même l’envie de me réorienter, mais j’ai continué à croire en mes rêves, et aujourd’hui, j’ai l’immense privilège d’être soutenu par la Fondation Hubert Tuor.
Ce parcours m’a apporté bien plus que des compétences techniques. Il a surtout changé mon rapport à la connaissance. J’ai appris à regarder avec esprit critique ce qui est présenté comme vrai. Lorsque nous sommes au collège, nous apprenons les lois de Newton, par exemple pour décrire la chute d’une pomme sur la tête de quelqu’un. Pourtant, en entendant parler des lois d’Einstein, je me demandais comment il était possible qu’on nous enseigne quelque chose qui semblait ensuite remis en question!? Ce que j’ai compris plus tard m’a profondément marqué : une théorie scientifique ne décrit jamais la réalité de manière absolue, mais propose un modèle permettant de faire des prédictions dans un certain domaine de validité. Dans ce sens, les lois de Newton ne sont pas simplement « fausses » ; elles restent remarquablement pertinentes. Mon orientation actuelle vers les méthodes numériques et la physique quantique est liée à ce désir de mieux comprendre les découvertes modernes, mais aussi de garder un regard critique sur elles. La physique quantique est paradoxale, parfois déroutante, et pourtant elle constitue l’un des meilleurs modèles dont nous disposons pour prédire le comportement du monde microscopique. Si je prends à cœur mon rôle au sein de la communauté 242, c’est parce que je souhaite, au-delà de ma propre formation, réinvestir les connaissances que j’aurai acquises dans l’éducation et le partage. J’aimerais contribuer à transmettre cette curiosité, mais aussi cette prudence essentielle : apprendre à questionner, à douter intelligemment, et à ne jamais accepter trop vite ce qui est présenté comme évident.
